Le blog

Le blog college-pour-les-parents a comme objectif d'informer les parents sur le fonctionnement du collège et de leur donner des éléments pour accompagner la scolarité de leurs enfants. 

Au delà, l'objectif est d'encourager à la réflexion personnelle sur le système scolaire.

 

 

Le Système Educatif

Les objectifs de l'Ecole Publique

-100 % d'élèves doivent sortir du
système scolaire avec au moins 
une qualification de niveau V 
(CAP ou BEP)
-80 % d'une génération au niveau bac
-50 % au niveau Licence (Bac + 3)


 

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Samedi 6 septembre 2008


Dans son dernier ouvrage L’éducation peut-elle être encore au cœur d’un projet de société ? (De l'Aube, 2008) Philippe Meirieu rappelle justement  que de nombreux collèges constituent des classes de niveau appelées encore "classe CAMIF" car on y trouve beaucoup de filles et de fils de professeurs. 

Cette pratique est doublement scandaleuse, elle est en contradiction avec la mission première du collège unique: accueillir tous les élèves et mixer les publics pour favoriser l'intégration sociale, elle est aussi inefficace dans le sens où, si l'on se fixe comme premier objectif de lutter contre l'échec scolaire, toutes les études sérieuses montrent que l'hétérogénéité des classes favorise les progrès des élèves les plus faibles. 

Cette pratique s'apparente ni plus ni moins qu'à transformer un établissement scolaire en un petit marché où chaque client pourra choisir et les camarades de ses enfants et leurs professeurs.... car, bien entendu, les "bonnes classes" sont nécessairement attribuées "aux bons professeurs" pour éviter tout conflit avec des parents qui peuvent soit exercer un chantage ("on le met dans le privé ou dans un autre établissement") ou compliquer sérieusement la gestion du chef d'établissement par des prises de position hostiles en conseil d'administration ou lors de différentes réunions.
 


La responsabilité des chefs d'établissement est majeure, la mixité scolaire et sociale de leur établissement doit être un objectif indiscutable, c'est à eux de savoir convaincre les équipes enseignantes et les parents en précisant les critères retenus pour constituer les classes... encore faut-il que cette tâche ne soit pas purement et simplement déléguée au conseiller principal d'éducation ou aux professeurs !

Une question se pose alors: que faire quand les bons élèves s'ennuient en classe ou ont le sentiment de perdre leur temps en raison d'un rythme de leçon peu soutenu ? Que répondre à leurs parents ?

Pour répondre à cette interrogation légitime qui alimente la demande de classes de niveau les équipes doivent innover et mettre en place une pédagogie différenciée. La loi du 23 Avril 2005 reconnaît aux établissements scolaires explicitement le droit d'innover, rien n'interdit aux établissements de mettre en place des groupes de compétence en langues, de faire travailler ensemble les documentalistes et les professeurs pour différencier l'enseignement sur un créneau horaire, rien n'interdit non plus aux professeurs d'utiliser les technologie de l'information et de la communication (TIC)  pour donner des travaux complémentaires aux élèves qui le demandent, etc. Les meilleurs élèves ont des capacités fortes d'autonomie, pour progresser ils doivent être encadrés et accompagnés mais n'ont pas besoin d'un professeur - répétiteur présent systématiquement à leurs côtés !
 


Pourquoi alors la pédagogie différenciée n'est-elle pas plus développée dans les établissements ?

On peut proposer plusieurs pistes d'explication: l'absence de formation des professeurs à la pédagogie différenciée, l'inégalité des compétences en matière organisationnelle et dans le domaine des TIC chez les professeurs, l'absence de reconnaissance symbolique ou financière des enseignants qui cherchent à innover, mais aussi et peut-être surtout l'absence d'impulsion par les équipes de direction. 

Pour Philippe Meirieu qui préconise en général de développer l'autonomie pédagopgique des établissements, l'Administration de l'Education Nationale doit exercer un contrôle vigilant car la mixité scolaire et sociale doit être au coeur d'un projet de société pour l'Ecole !
   

par xxxxxxxxxxxxxx publié dans : Réflexions communauté : Ecole-et-Education
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Mardi 29 juillet 2008

L'école et ses stratèges. Les pratiques éducatives des nouvelles classes supérieures. Philippe GOMBERT, Presses Universitaires de Rennes, 2008

L'ouvrage très intéressant de Philippe Gombert ne nous éclaire pas seulement sur le rapport à l'Ecole "des nouvelles classes supérieures", il propose aussi au lecteur une brève histoire des associations de parents d'élèves et une description du nouveau cadre économico-culturel auquel l'Ecole est sommée de s'adapter.

Pour Philippe Gombert les cadres du privé des grandes entreprises ou de la nouvelle économie caractérisés par leur haut niveau d'éducation et leur mobilité internationale tendraient à suppléer les classes moyennes du public (cadres du public, enseignants, ...) en orientant jourd'hui les nouvelles politiques éducatives.

Parmi les demandes récurrentes des cadres du secteur privé on trouve la nécessité d'ouvrir l'Ecole aux parents, premiers éducateurs de leurs enfants. Beaucoup de familles souhaiteraient que le système éducatif français s'inspire du modèle américain où les parents à travers leurs associations orientent les contenus et les valeurs que sont chargés de transmettre les enseignants.



Une critique de l'Ecole à la lumière de l'Entreprise


L'Ecole française est également critiquée pour son encyclopédisme, son élitisme (sélectionner les futurs énarques) et son incapacité à préparer les enfants à un environnement concurrentiel où il faut savoir innover, travailler en équipe, parler l'anglais et bien comprendre le fonctionnement des entreprises. L'Ecole est jugée archaique pour ses méthodes et ses contenus mais aussi en raison de son fonctionnement bureaucratique. Les parents acceptent mal l'écart entre les exigences d'une économie de marché où il faut être flexible, réactif, innovateur pour réussir et "survivre" et une administration qui surprotège ses fonctionnaires et les mobilise finalement peu au quotidien pour faire réussir les élèves. Une mère cadre interrogée ne cache pas son agacement en parlant de l'Education Nationale "une entreprise qui aurait de tels résultats aurait disparu depuis longtemps !".
Les nouvelles classes supérieures reprochent encore aux professeurs leur faible utilisation des TIC (technologie de l'information et de la communication), leur manque d'implication dans leur travail ou dans la vie de leur établissement et parfois même leurs connaissances universitaires jugées insuffisantes.

La conclusion est sans appel: le système éducatif français doit se réformer rapidement sinon les parents des classes supérieures seront encore plus nombreux à inscrire leurs enfants dans les établissements privés.

L'ouvrage de Philippe Gombert invite à la discussion: l'épaisseur sociologique des nouvelles classes supérieures peut être interrogée comme le poids réel des usagers dans les politiques éducatives.


Cadres du privé et cadres du public: une séparation discutable

L'auteur affirme que les nouvelles classes supérieures issues du secteur privé auraient remplacé dans leur rôle d'usagers exigeants les classes moyennes du secteur public... ce constat est sans doute vrai en région parisienne beacoup moins en province ! Est-il d'ailleurs si sûr que leurs revendications soient bien différentes: ouverture aux parents, adaptation de l'Ecole à une économie mondialisée, priorité aux compétences, enseignement de l'anglais renforcé, etc... les cadres du privé et du public ne portent-ils pas aujourd'hui les mêmes revendications ? Philippe Gombert constate lui-même un rapprochement des plates-formes de la FCPE et la PEEP.


L'usager: un acteur concret ou un levier de changement ?

En prenant appui sur la volonté des classes supérieures d'investir l'Ecole, l'auteur en arrive à la conclusion que les parents jouent désormais un rôle important dans la régulation des politiques éducatives... l'expérience quotidienne indique plutôt que les acteurs de l'Ecole gardent en France une emprise forte ! En revanche, la nouveauté c'est que la satisfaction de l'usager devient un levier de changement... pour l'encadrement. Les parents peuvent faire chaque jour le constat qu'ils sont globalement disqualifiés pour agir dans et sur l'Ecole car cela suppose des ressources qu'ils n'ont pas: du temps, une connaissance des rouages approfondie, une expertise pédagogique et éducative, une capacité réelle à peser sur les orientations des établissements, etc. ...
Pas plus que le client d'une banque peut influer sa politique tarifaire, l'usager du service public ne peut intervenir sur les politiques éducatives !

La véritable bagarre se déroule dans l'Ecole entre les partisans d'une Ecole au service du public (car c'est en étant à l'écoute des besoins de la Société que le service public pourra renforcer sa légitmité) et les partisans d'une Ecole au service d'idéaux anti-utilitaristes présentés comme seuls légitimes.

Finalement, la question est de taille: quelles sont aujourd'hui les missions du service public d'éducation et... quels moyens est-on prêt à lui donner pour les atteindre ? Est-il possible de trouver un (nouveau ?) compromis entre la préparation au monde tel qu'il est et la diffusion de valeurs et d'outils pour critiquer et questionner le monde dans lequel nous vivons ?
Une Ecole qui ne chercherait pas à concilier (même de façon maladroite !) ces deux exigences.... serait-elle d'ailleurs encore une Ecole ?


 

 

par xxxxxxxxxxxxxx publié dans : Notes de lecture communauté : Ecole-et-Education
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Dimanche 27 avril 2008

Dans le cadre de la future présidence française de l'Union Européenne, les établissements scolaires sont invités à prendre des initiatives notamment pour mieux faire découvrir les institutions européennes et les pays membres.
Les pays européens ont retenu la date du 9 mai pour fêter l'Europe car cela correspond au discours fondateur de
Robert Schuman qui lança en 1950 l'idée de coopérations renforcées entre pays européens, idée qui allait aboutir en 1951 à la création de la CECA: Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier.  
Six ans plus tard la CECA se transforme avec le traité de Rome en 1957 en CEE (Communauté Economique Européenne) organisée autour des 6 pays fondateurs: la France, la République Fédérale d'Allemagne, l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg.

 

Les élèves et leurs parents peuvent dores et déjà renforcer leur culture européenne:
- en consultant: le site de l'Union Européennehttp://europa.eu/index_fr.htm

http://europa.eu/index_fr.htm notamment la rubrique ''L'UE en bref" puis "12 leçons sur l'Union Européenne" ou encore le site  http://touteleurope.fr .
- ou tester leurs connaissances en répondant à des quiz  ou
des jeux sur plusieurs thématiques: l'euro, l'histoire, la géographie, etc.

 

Connaissez-vous les 27 pays membres de l'Union Européenne ? Combien en oublierez-vous ?


1957

1973   


Les 6 pays fondateurs (on n'ose pas vous les demander !)

3 nouveaux venus....................................................................................................

1981

1 pays méditerranéen...............................................................................................

1986

2 pays très proches de la France.................................................................................

1995

3 pays dont 2 sont scandinaves .................................................................................


2004


2007

10 pays nouveaux surtout issus de l'Euope de l'Est
...............................................................................................................................

2 derniers entrants ...................................................................................................


(Réponse)
par college-pour-les-parents publié dans : Europe communauté : Ecole-et-Education
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Samedi 9 février 2008
Les Objectifs du diplôme national du brevet 

Délivré par un jury, le brevet est un diplôme qui atteste de l'acquisition de connaissances générales au terme du collège. A compter de la session 2008, ce diplôme attestera de la maîtrise du socle commun de connaissances et de compétences.  Le undefinedbrevet ne donne pas accès à une classe supérieure en fin de troisième : les deux décisions, attribution du diplôme et orientation, sont dissociées. La décision d'orientation prend en compte les capacités spécifiques et les goûts des élèves pour la poursuite d'études ; elle est le résultat d'une négociation entre l'élève, sa famille et l'équipe éducative.


Mentions et bourses au mérite

Depuis la session 2006, des mentions sont attribuées à partir des notes
12 (Assez-Bien),14 (Bien) et 16 (Très Bien). Cette disposition est le préalable à l'attribution des bourses au mérite accordées de droit aux élèves déjà boursiers sur critères sociaux recueillant une mention bien ou très bien.

Organisation générale du diplôme national du brevet 

Les sujets des épreuves, qui portent sur les programmes des classes de troisième sont arrêtés par les recteurs d'académie. Le diplôme, de valeur nationale, est attribué par un jury départemental présidé par l'inspecteur d'académie, directeur des services départementaux de l'Éducation nationale.

Modalités d'attribution du diplôme national du brevet et épreuves 

Le diplôme national du brevet comporte trois séries : collège, technologique et professionnelle qui permettent la prise en compte de la spécificité des formations dispensées dans les différentes classes de troisième. Pour les élèves des établissements d'enseignement public et privé sous contrat:
-Un examen écrit, où les candidats sont placés en position d'anonymat, et qui comprend trois épreuves :  français (coefficient  2), mathématiques (coefficient  2) et histoire-géographie-éducation civique (coefficient  2)
Total des coefficients :  6
-Un contrôle en cours de formation, effectué tout au long en classe de troisième, et qui permet la prise en compte de connaissances et compétences diverses des élèves dans toutes les disciplines (y compris le respect du règlement intérieur avec la note de vie scolaire). (coefficient 1 pour chaque discipline)
- Sont également pris en compte les points supérieurs à la moyenne de 10 sur 20 obtenus dans l'enseignement optionnel facultatif : latin ou découverte professionnelle 3 heures
.

A la session 2008, les élèves devront en outre avoir validé:
-le niveau A 2 du cadre européen commun de référence pour la langue vivante de leur choix 
-avoir obtenu le Brevet Informatique et Internet (B2i) 

C’est donc parce que la loi d’orientation et de programme du 23 avril 2005 a prévu la mise en place d’un socle commun de connaissances et de compétences que l’obtention du brevet suppose : la moyenne générale après les épreuves finales et le contrôle continu mais aussi la validation du B2i et du niveau A2 pour la langue vivante choisie par les élèves.


Calendrier des épreuves 

- Français : jeudi 26 juin 2008 . de 9 h à 10 h 30 : 1ère partie (questions- réécriture-dictée) ; 
de 10 h 45 à 12 h 15 2ème partie (rédaction)
-Histoire-géographie-Éducation civique : jeudi 26 juin 2008 de 14 h 30 à 16 h 30 ;
- Mathématiques : vendredi 27 juin 2008 de 9 h à 11 h.
 
par college-pour-les-parents publié dans : Les réformes en cours communauté : Ecole-et-Education
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Mercredi 19 décembre 2007

Les relations difficiles entre l’Ecole et l’entreprise

Dans son numéro de Mai 2007, le Monde de l’Education consacre tout un dossier au regard que les chefs d’entreprises portent sur l’Ecole. Les entrepreneurs n’ont toutefois pas attendu d’être sollicités pour donner leur point de vue, dès le XIX leur hostilité était parfois grande contre les maîtres d’école stigmatisés pour leurs convictions socialistes ! En réalité, les relations entre l’Entreprise et l’Ecole n’ont jamais été très bonnes mais elles ne l’étaient pas non plus avec les syndicats ouvriers. Il a fallu attendre les années 60 pour que les organisations ouvrières acceptent l’Ecole Républicaine, l’Ecole était jusqu’alors accusée de fabriquer des « petits bourgeois » !
 
Avec les années 80, les relations entre l’Ecole et l’Entreprise se sont plutôt pacifiées, on le doit notamment à la gauche qui a créé les bacs professionnels, à revaloriser l’apprentissage ou à développer les cursus universitaires à visée professionnelle (IUT, IUP). D’autres initiatives ont été prises par les gouvernements successifs: création d’une semaine école-entreprise, stages pour les professeurs, invitations de professionnels dans les établissements, essor des partenariats entre les lycées techniques / professionnels et des entreprises de leur bassin, organisation de carrefours des métiers, création d’entreprises virtuelles ou non par des élèves, etc. La dernière initiative a consisté à créer une option intitulée troisième découverte professionnelle (DP 3 H) qui se présente comme un enseignement de culture générale tourné vers la connaissance des métiers et des organisations.
 
Si l’enseignement professionnel et technique entretient depuis longtemps des relations étroites, les collèges et les lycées d’enseignement général ont rarement entretenu des liens privilégiés avec les entreprises, c’est d’ailleurs dans les lycées classiques que l’on trouve le plus de pourfendeurs de la « marchandisation » de l’Ecole et de l’emprise de l’entreprise sur l’Ecole. Les syndicats enseignants (SNES, SUD) très politisés redoutent l’essor de la logique de marché et la remise en cause de la liberté pédagogique des professeurs. Selon eux, la Culture et la Raison seraient menacées par l’utilitarisme des formations et par la promotion d’une logique de compétences étroitement connectée aux besoins des entreprises. En s’ouvrant aux entreprises, l’éducation nationale se rapprocherait des objectifs fixés à l’Ecole italienne par Silvio Berlusconi : « anglais, entreprise, internet ».
   
Que disent aujourd’hui les représentants des entreprises ?
 
Interrogée par Le Monde de L’Education, Laurence Parisot, responsable du MEDEF, considère que « les jeunes ont souvent une meilleure maîtrise des nouvelles technologies (informatique) » mais déplore que beaucoup d’entrepreneurs « rencontrent des jeunes qui ont de vraies difficultés sur les connaissance de base, l’écriture notamment » au point d’obliger les entreprises à développer des programmes de lutte contre l’illettrisme !
Les entreprises attendent également de l’Ecole des élèves plus motivés, capables d’autonomie et de travailler en équipe. Ainsi, une responsable des ressources humaines de Renault indique qu’aux Etats-Unis « les élèves changent de voisins tous les jours, en France ils gardent toujours la même place (…) cela montre comment on peut préparer l’enfant à se mouvoir dans un environnement perpétuellement différent, à s’adapter. Et dans l’environnement de l’entreprise, tout change.».
 
Les chefs de petites ou moyennes entreprises, davantage en contact avec les jeunes les moins formés, sont plus critiques encore ; selon eux la valeur travail serait menacée, les jeunes générations penseraient au moment de l’embauche davantage aux congés, à leurs droits et aux 35 heures. Les conduites des jeunes salariés manqueraient de rigueur « les règles de sécurité et d’hygiène, comme ne pas manger dans les labos ou fermer sa blouse ne sont plus respectées ».
 
Plusieurs pistes sont proposées : outre le rapprochement de l’Ecole et de l’Entreprise et le dialogue direct entre organisations patronales et syndicats enseignants souhaité par Laurence Parisot, les représentants des entreprises proposent de développer « l’alternance à tous les niveaux y compris dans le supérieur » et de promouvoir « une culture entrepreneuriale  (…) de manière transversale et concrète» chez les élèves. Les qualités attendues sont précises : capacité à s’organiser, à aller à essentiel, à animer une réunion, à synthétiser, à prendre la parole en public, à identifier un problème, à s’appuyer sur l’avis des autres pour trouver une solution ou à s’intégrer rapidement dans une organisation, toutes ces compétences deviennent des exigences dans une économie plus compétitive.
 
Apprendre l’entreprise et préparer les élèves au monde du travail : une mission de l’Ecole
 
D’évidence l’Ecole doit se rapprocher de l’Entreprise pour plusieurs raisons :
-d’abord parce que l’Ecole vise à former de futurs citoyens, la citoyenneté s’exerce aussi dans l’entreprise et l’emploi permet réciproquement d’exercer sa citoyenneté ne serait-ce qu’en conférant une identité sociale et en confrontant l’individu aux problèmes et aux défis liés à la production.
-ensuite parce que l’Ecole a vocation à expliquer le monde aux élèves, comment l’Ecole pourrait-elle se désintéresser de l’Entreprise compte tenu du rôle qu’elle joue dans nos sociétés développées. L’Ecole est sans doute mieux placée que l’Entreprise elle-même ou les organisations syndicales pour penser l’Entreprise de façon critique et apaisée, c’est l’objet, par exemple, des cours de sciences économiques et sociales ou de l’option DP 3 H de découvrir l’entreprise en croisant les regards des économistes, des sociologues ou des historiens.
-enfin, parce que l’Ecole a besoin de renforcer sa légitimité, en nouant des partenariats avec l’Entreprise elle répond aux besoins de la société dans son ensemble et notamment des élèves et des familles qui, même si cela déplaît, investissent dans leur formation pour pouvoir d’abord s’insérer dans le monde du travail. Défendre le savoir pour le savoir c’est une posture esthétique d’individus… qui occupent déjà un emploi !
   
L’école perdra-t-elle son âme à ce rapprochement avec l’entreprise ?
 
Il faut vraiment ne pas avoir confiance en soi pour le redouter ! L’école a vocation à former des futurs citoyens capables d’exercer leurs responsabilités et leur liberté dans tous les champs : culturels, politiques, social et économique ! Par ailleurs, le monde de l’entreprise ne doit pas être caricaturé car à côté des grandes firmes coexistent des entreprises familiales et des PME, à côté des entreprises privées obéissant à la logique du profit on trouve aussi des entreprises publiques ou d’économie mixte et des coopératives !
C’est sans doute parce qu’on connaît mal l’entreprise qu’on redoute son emprise, Laurence Parisot a raison quand elle affirme au Monde de l’Education: « Il faut que les deux univers cessent de se méfier l’un de l’autre et acceptent plus naturellement d’échanger sans craindre que l’existence de l’un menace celle de l’autre. Trop souvent l’enseignant ignore ce qu’est une entreprise tandis que le responsable d’entreprise ne mesure pas l’importance et la difficulté du travail enseignant. (…) Ministre de l’éducation j’organise des stages en entreprise pour les enseignants, pour qu’ils comprennent, qu’ils apprécient ou qu’ils critiquent l’entreprise mais en connaissance de cause ».

 
par college-pour-les-parents.com publié dans : Réflexions communauté : Ecole-et-Education
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Mardi 18 décembre 2007

Dans l’Elève humilié (PUF, 2005) Pierre Merle poursuit son analyse du fonctionnement de l’Ecole et de l’écart qu’il peut y avoir entre le contrat qu’elle propose aux élèves et à leurs familles et la réalité du terrain ; cette fois l’auteur ne s’attaque pas à la démocratisation mais à la citoyenneté : l’école ne prétend-t-elle pas aussi former de futurs citoyens ?


Un constat s’impose l’Ecole fabrique de l’humiliation, non seulement en stigmatisant les élèves qui ne réussissent pas leur scolarité mais aussi au quotidien dans les classes par des comportements et des propos tenus par les professeurs. Pierre Merle va plus loin, il considère que les droits des élèves ne sont pas toujours respectés dans les règlements intérieurs des établissements, nombre d’entre eux ignorent les droits des élèves,  en particulier les droits de la défense : principe du contradictoire, possibilité de recours, etc. 

eleve-humilie-Pierre-Merle.jpg
Pierre Merle n’est pas journaliste, sa question ne n’est pas « si ça se passe comme ça c’est la faute à qui ? », il invite au contraire le lecteur à une analyse sociologique, à rompre avec la stigmatisation facile des enseignants ou des personnels de direction qui ne feraient pas bien leur boulot, il préfère expliquer pourquoi certains professeurs humilient sans toujours en avoir conscience et pourquoi les élèves ne sont pas vraiment des sujets de droits dans l’institution chargée d’enseigner les valeurs de la République.
Parmi les formes d’humiliation pointées par P. Merle on trouve le non respect de la vie privée, le rabaissement scolaire (surnom donné à un élève note rendue en public,…), l’injure (par exemple en adhérant à l’idéologie du don, en faisant le tri entre les élèves doués, intelligents de façon innée et les autres)
 
Après la lecture de son ouvrage, une conclusion s’impose il faut mieux former les professeurs et introduire davantage de régulation dans l’activité quotidienne des établissements et des classes, c’est d’abord aux professionnels de l’éducation de changer collectivement leurs pratiques ; toutefois les parents ne doivent pas hésiter à se mobiliser pour rencontrer les professeurs ou le chef d’établissement pour corriger les conduites déviantes, à l’Ecole plus qu’ailleurs l’injustice ne doit pas être acceptée.
 
Extraits :
 
-Le sentiment de rabaissement, de droits non respectés, occupe chez l’élève une place centrale, sinon première, dans leur démobilisation scolaire. Il n’existe pas, d’un côté, l’histoire de la personne et, de l’autre, celle de l’élève. La négation de l’un est susceptible d’empêcher l’existence de l’autre. (p 12).
-Les recherches on montré que les jugements des enseignants influencent davantage la réussite scolaire des élèves faibles que celles des élèves forts. (p. 23)
-Les plus mauvais élèves sont plus vite suspectés d’indiscipline alors que les prises des parole intempestives des bons élèves et des enfants de cadre sont plus souvent acceptées (p. 38)
-Les questions relatives aux professions des parents et plus globalement à la sphère familiale sont souvent vécues par les élèves comme une atteinte à leur vie privée (p. 27).
-Le passage au tableau est souvent perçu comme une sorte de passage à tabac scolaire. La classe se transforme en arène et l’élève subit une mise à mort symbolique de son statut d’élève devant ses camarades. (p. 35)
-Il est pertinent d’interpréter l’humiliation scolaire comme une forme de sanction dont la finalité est le maintien de l’ordre scolaire. (p. 67)
-Les textes récents (…) n’ont pas abrogé l’arrêté du 5 juillet 1890 relatif au « Régime disciplinaire des lycées et collèges de garçons » ainsi que la circulaire du 15 juillet 1890. Cet arrêté définit très précisément les punitions formellement interdites : « le piquet, les pensums (le recopiage), les privations de récréations ». (p.115)
-Plusieurs dérives ont (…) été constatées notamment le remplacement des heures de vie de classe par des heures de cours ou leur suppression pure et simple. (p. 132). (…). Les difficultés rencontrées (…) une définition peu élaborée des buts poursuivis et (…) une formation incomplète voire inexistante des professeurs dans le domaine de la gestion des conflits (132-133).
 
 
 
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Samedi 15 décembre 2007

undefinedL'ouvrage coordonné par Jean-Michel BARREAU rassemble des contributions de nombreux spécialistes des inégalités scolaires et sociales: Pierre Merle, Marie Duru-Bellat, Roger Establet ou Georges Felouzis. Si beaucooup d'articles sont intéressants, l'ouvrage est toutefois un peu décevant sans doute parce que le projet retenu est vaste: recenser, décrire et expliquer les inégalités scolaires mais également parce que les contributions sont d'inégale qualité.

C'est vraiment dommage car un ouvrage plus resserré autour de quelques entrées et de quelques articles aurait été un outil précieux pour les professionnels et le grand public. Sans doute plus de modestie était nécessaire car le prix (29 euros !) est disons-le plutôt prohibitif !

Dictionnaire des inégalités scolaires, ESF Editeur, 2007

Pour en savoir plus, voir l'article de l'excellente revue Sciences Humaines

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Samedi 15 septembre 2007

Le sociologue François de Singly, spécialiste reconnu de la sociologie de la famille, propose dans son ouvrage Les adonaissants (Juillet, 2006) de se pencher sur nos adolescents et de mieux les comprendre à travers une large enquête réalisée dans plusieurs pays et milieux sociaux (cadres / milieux populaire).  Il les baptise "Adonaissants" parce que les enfants deviennent adolescents plus jeunes. Dans cet ouvrage au style agréable, De Singly rappelle en début d'ouvrage quelques idées simples:

Les-adonaissants-F-deSingly.jpg-Les individus (y compris les adolescents) revendiquent le droit de "ne pas être défini seulement par une place, par sa place dans l'ordre des générations, des sexes (...) un garçon ou une fille n'est pas seulement fils de ou fille de ". Les ados refusent ce que De Singly nomme la "réduction identitaire"
-"L'autonomie ne se décrète pas, elle se prend, les parents devant seulement créer les conditions de cette déprise relative".
-Les adolescents ne font pas la loi chez eux (contrairement à un cliché trop répandu), il gagne des marges de libertés parce qu'ils veulent être reconnu comme "jeune".

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